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Tarantino, Schnabel et Reygadas entrent dans la danse

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Sylkarion
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MessageSujet: Tarantino, Schnabel et Reygadas entrent dans la danse   Mer 23 Mai - 9:53

CANNES (AFP) - Treize ans après sa Palme d'or pour Pulp Fiction, Quentin Tarantino a amusé Cannes avec "Boulevard de la mort", exercice de style et pastiche des films d'exploitation des années 70, tandis que "Le scaphandre et le papillon" de Julian Schnabel a ému le festival.

Le troisième film en compétition mardi était l'impressionnant "Lumière silencieuse", du Mexicain Carlos Reygadas.

Le beau film de Julian Schnabel a certainement vu couler les première larmes des festivaliers, après une semaine de compétition. "Le scaphandre et le papillon" déroule le récit bouleversant, mais sans pathos, de l'expérience vécue par le journaliste français Jean-Dominique Bauby, fauché par un accident vasculaire brutal qui le plonge dans un coma profond.

Lorsqu'il se réveille, cet homme de 42 ans en pleine ascension professionnelle et père de deux enfants ne dispose plus d'aucune faculté motrice, atteint du "locked-in syndrome" - littéralement enfermé à l'intérieur de lui-même.

Prisonnier de ce corps inerte plus lourd qu'un scaphandre, il reste relié au monde extérieur par l'un de ses cils, papillon de vie grâce auquel il peut communiquer en clignant de l'oeil. De cette manière, il dicte chaque jour les phrases qu'il a mémorisées des heures durant pour raconter ce cauchemar et composer un livre, dont est tiré le film.

Un personnage principal muet, immobile, sans expressivité ou presque: les contraintes qui auraient pu conduire le film au naufrage en font sa force. Schnabel filme du point de vue flou, décadré, égaré de Jean-Dominique Bauby qui se raconte via la voix off pleine de nuances de Mathieu Almaric. Dans le rôle du journaliste, l'acteur livre une prestation intense, entouré d'une galerie de personnages d'une grande justesse.

"Boulevard de la mort" est né de l'amour commun de Tarantino et Robert Rodriguez pour les films de série B diffusés dans les "drive-in" américains et qui ont bercé leur jeunesse.

Dans une version abrégée, ce film forme avec "Planète Terreur" de Rodriguez le diptyque "Grindhouse", hommage à toute cette sous-culture, tièdement accueilli aux Etats-Unis.

"Boulevard de la mort", qui sort le 6 juin en France, est un pastiche de "slasher movie" (film où un tueur psychopathe massacre des ados) dans lequel Kurt Russell, alias Stuntman Mike, se sert de ses voitures au moteur surgonflé pour tuer ses victimes.

Ces dernières sont une bande de jolies filles (Sydney Tamiia Poitier, fille de Sidney Poitier, Rosario Dawson...) dont trois finiront par se venger dans une fin très féministe, après une poursuite d'anthologie.

Le scénario n'a de toute façon pas grand intérêt. Le sel de "Boulevard de la mort" vient de son côté pastiche et ultraréférencé: générique, bande originale et ambiance très années 70, grain de l'image et défauts calqués sur ceux de cette époque, clins d'oeil en pagaille, dans les nombreuses allusions à des films cultes (dont "Point limite zéro" de Richard Sarafian, 1971) comme dans le casting (Kurt Russell, un fidèle de John Carpenter, ou la cascadeuse Zoe Bell, doublure d'Uma Thurman dans "Kill Bill").

Cet hommage futé est réussi et agréable à regarder. Pas de quoi cependant prétendre à la Palme a priori. Car si Tarantino, en véritable fétichiste, a toujours oeuvré à réhabiliter la sous-culture qu'il adore, l'exercice de style prend ici le pas sur l'ambition cinématographique, contrairement à "Reservoir dogs", "Pulp fiction", "Jackie Brown" ou les "Kill Bill".

Enfin, troisième film présenté mardi "Lumière silencieuse (stellet Licht)" de Carlos Reygadas (Mexique, 02H22), avec Cornelio Wall, Miriam Toews.

Dans le Nord du Mexique, Johan, jeune père de famille mennonite (une communauté protestante rigoriste), tombe amoureux d'une autre femme que la sienne, en contradiction avec son engagement religieux. C'est la troisième fois en cinq ans que le talentueux Mexicain Carlos Reygadas est présent à Cannes, après les remarqués "Japon" (Quinzaine des réalisateurs et Caméra d'or en 2002) puis "Batalla en el cielo" (en compétition en 2005).
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